jeudi 26 novembre 2020

Mina Merad, vocation tardive mais succès au rendez-vous

Après toute une vie passée dans le tourisme et l’événementiel, Mina Merad ose enfin, à plus de cinquante ans, tenter sa chance au théâtre à Marseille. Comédienne depuis 2017, elle suit les pas de son grand frère, l'acteur Kad Merad. Aujourd’hui, elle se lance dans un tout nouveau spectacle pour lequel elle sera seule sur scène.

Changer de vie par amour pour le théâtre, voilà le pari un peu fou que Mina Merad a tenu il y a trois ans. Devenue comédienne en 2017 grâce à la pièce Si Dieu veut, elle se lance aujourd’hui dans un tout nouveau spectacle qui sera joué prochainement à Marseille. Quand on l’interroge, cette maman de deux enfants entretient le mystère : « Ce sera un seule en scène, une sorte de one-woman show. Pour l’instant, je ne peux pas en dire trop. Je l’ai écrit seule, il y a plusieurs années. C’est sur un sujet qui me touche personnellement mais c’est un spectacle qui n’est pas commun. Je ne sais pas comment il sera accueilli », confie-t-elle.

« Quand on commence tard, il ne faut pas se planter »

Se retrouver seule sur scène ne l’effraie pas plus que cela : « C’est le public qui m’anime. Tant qu’il y a des spectateurs, je me sens comme un coq en pâte. Bien évidemment, je suis paniquée à l’idée de la première mais j’ai très envie de le faire. » 

« J’étais derrière lui »

C’est son expérience préalable dans la comédie Si Dieu veut, produite par Jeff Carias, qui l’a confortée dans son choix. « Jouer cette pièce était indispensable, d’autant qu’avant cela, je n’avais jamais pris de cours de théâtre », explique-t-elle. Et d’ajouter : « Mon frère est venu me voir, et il m’a dit ‘pour quelqu’un qui n’a pas pris de cours, franchement, bravo !' » Pour la comédienne, ce compliment est le plus beau qu’elle ait reçu.

Mina Merad espère présenter son nouveau spectacle d’ici la fin de l’année.

Photo Agence Séquence Sud

Il faut dire que ses relations avec son aîné, le célèbre acteur Kad Merad, revêtent une très grande importance à ses yeux. Dès l’enfance, elle l’accompagne à ses cours de théâtre, le pousse, voit en lui un vrai potentiel. « Mon frère était bon dans tout : il faisait de la musique, du théâtre… Il était un couteau suisse artistique. Moi, je savais juste faire rire les copains », résume-t-elle. Une admiration qui explique, en partie, sa décision tardive de se lancer dans la même voie que lui : « Je ne savais pas si c’était mon but. Lui, je le trouvais tellement bon. J’étais derrière lui et je n’osais pas m’imposer, même si j’avais envie de prendre des cours de théâtre. »

Réussir à se lancer

Après plusieurs années à travailler dans le tourisme et l’événementiel à Paris, Mina Merad finit donc par tenter sa chance dans le théâtre, à Marseille. Un choix qu’elle assume pleinement aujourd’hui, mais dont elle redoutait les conséquences à l’époque. « Quand on commence tard, il ne faut pas se planter. Sinon, votre entourage vous demande : ‘Mais pourquoi t’as fait ça ?’, ‘Pourquoi tu prends des risques ?’ J’avais très peur de ce genre de réflexions », confesse-t-elle.

Une prise de risque que son mari, Jean-Charles, alias Carlos, a soutenue dès le début. « Elle était arrivée à bout de son métier, physiquement, se souvient-il. Elle voulait être plus libre, et faire d’autres choses. La question pragmatique était bien évidemment le salaire. Mais je me suis dit qu’il valait mieux qu’on se serre la ceinture et qu’elle soit heureuse, plutôt qu’on vive plus confortablement et qu’elle soit malheureuse ». Lui-même intéressé par le théâtre, qu’il a pratiqué pendant un an, il devient son répétiteur attitré et l’encourage dans son projet. Carlos assiste à pas moins de dix-sept représentations de Si Dieu veut. Il ne cache pas son admiration : « Sur scène, on voit qu’elle a fait le bon choix, qu’elle s’éclate. Je l’admire pour avoir osé suivre son envie jusqu’au bout. »

Le « seule en scène », un nouveau défi

En 2017, la machine est donc lancée. Mina Merad découvre le monde de la scène et finit par prendre des cours de théâtre auprès de Hervé Lavigne, pendant deux ans, au cœur de la cité phocéenne. Après la représentation de Si Dieu veut dans les théâtres marseillais jusqu’en 2019, se profile le célèbre Festival d’Avignon 2020. La pandémie de Covid-19 freine brutalement ce beau projet. Mina Merad garde bon espoir de pouvoir participer à la prochaine édition.

La comédienne souhaite aussi reprendre rapidement les répétitions de son « seule en scène », afin de la jouer en fin d’année. L’envie est d’autant plus forte que, là encore, son grand frère a eu un rôle important. « Un jour il m’a dit : ‘tu devrais faire un one-woman, toi’. C’était dingue car j’avais déjà commencé à l’écrire. C’est comme s’il m’avait donné son accord ! Je me suis dit, c’est sûr, il faut que je le fasse. »

Face à ce nouveau défi, Mina Merad oscille entre stress et excitation à l’idée d’être vue sur scène par sa famille. « Un soir, à la fin d’une représentation de Si Dieu veut, la salle s’est rallumée et j’ai aperçu mes parents dans le public, se souvient-elle avec émotion. Ça m’a fait un choc énorme ! C’était très fort. » Mais au-delà de ces appréhensions, la comédienne ne doute pas : le théâtre, même si elle n’en vit pas encore, reste un univers qui lui correspond. Un univers qui, selon ses propres mots, a finalement toujours fait partie d’elle.

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