lundi 5 décembre 2022

Trois secondes d’éternité

On ne sait jamais quand cela va se produire, tout ce que l’on ressent c’est que c’est ici et maintenant. On ose toucher du regard le cœur de l’âme. On ose capturer et restituer des bribes de temps pour les coller sur les murs de notre mémoire. Et après avoir procéder au tirage magique des clichés, on recule d’un pas et on fait le point. Approchez mesdames et messieurs, venez voir le monde d’Eric Biarnès, photographe.

 Trois secondes d’éternité

Il n’est qu’un regard parmi d’autres. Mais le sien est visiblement plus inspiré. Eric photographie la lumière dans le noir. Noir et blanc, humaniste, trois secondes d’éternité, tout y est…la force que peut contenir une belle composition. Un passant patient qui saisit, capte cette ellipse dans le temps. Une porte ouverte donnant accès à des miroirs ambulants. Des reflets de société avec la vie pour toile de fond. On ne saisit pas la chance de croiser un tel regard.

« Je ne me sens pas forcement à ma place dans ce monde »

Vous avez dit cliché ?

Saint Maur des Fossés, Paris, c’est là qu’il prend le premier cliché de sa vie d’être humain. C’est là aussi qu’il grandira entouré toute sa vie par trois figures féminines, sa mère et ses deux grands-mères. Comprenez qu’il a été élevé « dans le respect, le partage, le fait de rien attendre des gens pour éviter d’être déçu, de savoir donner avant de recevoir et de savoir perdre de son temps pour en accorder. »

16 ans, il passe à l’acte, sort du rang préférant l’école de la vie à une vie à l’école. Il avait averti sa mère… en maternel. La suite lui donnera raison.

« Le souvenir marquant de ma prime jeunesse est mes 2 années d’internat. Ça été 2 années d’humiliation et de mépris »

Il n’a pas eu de déclic, il n’en avait pas besoin, il l’avait en lui. Il se cultive à cultiver son don comme tout grand artiste qui a une façon de voir le monde autrement. Il est un décalé, un atypique, un créatif qui exprime ce qu’il ressent « là ou on ne trouve pas les mots pour extérioriser ses joies et ses douleurs. »

Une image à l’intensité rare.

Portrait, Photo Humaniste, Photo reportage et Photo panoramique « La photographie signifie pour moi de capturer ce que je ressens et non ce que je vois ». A l’image de ses contemporains Robert Doisneau et Robert Capa, il pose un baiser fleuri sur son monde extérieur.

Il est de ceux qui fonctionnent aux frissons, qui passent du flou au net. Ceux dont la puissance de feu vaut 1000 mots. Il voudrait bien effacer les dictateurs et tyrans de tous les tirages de ces décennies passées. Mais ce serait effacé du patrimoine historique ces images iconiques qui ont marqué par leur consensus social et esthétique.

« Une photo qui me donne des frissons est celle pendant une manifestation contre la guerre du Vietnam ou une femme tient dans sa main une fleur devant une rangée de soldats américain, rien que d’écrire cette phrase, j’en ai les larmes aux yeux. »

 

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Photos reportages – Eric Biarnès

« Quoiqu’il arrive reste amour et aimant »

Eric va ainsi passer des heures au milieu de la foule à observer. Les aiguilles tournent et le cadran reste fixé sur la vie autour. Il n’est pas artiste à lever le voile en toute décontraction. Et s’il a osé raconter son histoire, il demeure des zones à explorer. Mais ne le cherchez pas ailleurs que derrière son objectif. Il ne se voit pas faire autre chose « car la photo a sauvé mon âme ».

Nous sommes arrivés au terme de cette histoire. Avant de nous quitter, je vous invite à partir à la rencontre de ce photographe passionné, humaniste engagé. Car j’ai croisé le regard d’un artiste devenu grand.

Et cela reste entre nous mais, il adresserait ce courriel du temps à l’enfant qu’il était : « tu dois évoluer sur tes défauts mais reste comme tu es pour ne pas tomber dans la rancœur, la haine, le mépris, reste humble et tu donnes pour donner et non pour espérer recevoir. Quoiqu’il arrive reste amour et aimant. »

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