jeudi 26 novembre 2020

L’Anti Fashion Project à l’heure du coronavirus

Suivies par près de 1 500 personnes en 2018, les Rencontres Anti Fashion organisées par la styliste Stéphanie Calvino, fondatrice de l’Anti Fashion Project sont reportées cette année à cause de la crise sanitaire. Un mal pour un bien selon la créatrice, qui s’est adaptée à la situation.

Depuis 2016, professionnels et défenseurs d’une mode durable se réunissent chaque année lors d’ateliers de recyclage et des conférences des Rencontres Anti Fashion. Celles-ci sont propulsées par la chasseuse de tendances Lidewij Edelkoort et la Marseillaise Stéphanie Calvino. Toutes deux prônent depuis cinq ans l’éveil écologique de l’industrie textile en dénonçant un système obsolète.

Mais cette année pour la 5e édition initialement prévue à New York et Roubaix, elles ont revu leur copie. « Même avec un report je ne pense pas qu’il y aura un cycle de conférences mais je ne suis pas triste de ça. On a fait autre chose, on participe à d’autres événements », confie Stéphanie Calvino.

Projet Résilience et « World Hope Forum »

La styliste a en effet aidé au lancement du projet Résilience, un atelier de plus de 1000 m2 situé à Roubaix pour la fabrication de plusieurs milliers de masques. Ils sont made in France et vendus aux collectivités ou aux entreprises privées. « On a fait livrer plus de 130 machines à coudre et près de 200 personnes en insertion y travaillent. Il y a tous les profils : des mamans, des femmes qui étaient au chômage, des jeunes sans expérience. » Une fois l’atelier sur les rouages, l’objectif à terme pour Stéphanie Calvino est de relocaliser la filière textile dans les Hauts-de-France. Pour elle, c’est un grand enjeu régional depuis la mondialisation de l’industrie.

L’atelier du Projet Résilience à Roubaix, propulsé par l’Anti Fashion Project, a reçu 130 machines à coudre pour la fabrication de masques.

Photo Page Facebook Anti Fashion

En parallèle, la Néerlandaise Li Edelkoort a publié un nouveau manifeste. Dans plusieurs pays, elle a aussi lancé un cycle de conférences qui portent sur le monde après le Covid-19. Elle propose notamment de créer le World Hope Forum (Forum mondial de l’espoir). Il se ferait en parallèle du Forum économique mondial pour repenser le monde de façon positive. « Nous pouvons repartir de zéro et construire de nouveaux systèmes qui placent le bien commun au-dessus des égo individuels », a-t-elle écrit dans son manifeste.

Un objectif : inciter à la prise de conscience

« Ce qui se passe avec le coronavirus, repenser, relocaliser, consommer moins ça fait cinq ans qu’on le raconte. C’est un mal pour un bien, on passera un peu moins pour des fous. On sera là pour aider et pour voir quelle touche on peut y apporter », explique Stéphanie Calvino des Rencontres Anti Fashion.

« C’est un mal pour un bien, on passera un peu moins pour des fous. On sera là pour aider et pour voir quelle touche on peut y apporter »

Et pour continuer à attirer les regards, la styliste prévoit de réaliser une « expérience urbaine ». Ce sera en septembre à Roubaix, comme l’année dernière. « Nous avions fait un événement autour du street wear avec des jeunes et des vêtements qu’on avait chinés, upcyclés. La thématique de cette année reste à définir mais on va rester autour du street wear. » Mêlant réutilisation de vêtements vintage et histoire de la street culture, le « casting sauvage » soit l’appel de volontaires dans les rues de Roubaix avait attiré une centaine de personnes.

L’objectif reste le même, inciter à la prise de conscience des acteurs de la mode mais aussi des consommateurs. Selon la fondatrice, la responsabilité est collégiale. Le changement doit venir des différentes parties pour créer un système plus sain à grande échelle.

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