lundi 20 septembre 2021

Rodrigo Müller, le producteur à la mode… durable

Un producteur brésilien, sensible au bien-être de la planète, qui réalise son premier long-métrage documentaire sur la mode éthique, entièrement filmé seul. « MODA.DOC América Latina » est prévu pour mars 2022. Il sera diffusé sur la chaîne de télévision Fashion TV Brasil et sur la chaîne YouTube de MODA.DOC. Le tournage démarre dès 2021 et aura lieu en Amérique latine.

En voyageant dans plusieurs pays du continent sud-américain, Rodrigo Müller a voulu comprendre ce qu’il se faisait en terme de la mode éthique dans ces pays. Après l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh en 2013, qui avait entraîné la mort de 1 100 personnes, et la sortie du documentaire « The True Cost » en 2015, le producteur a décidé de filmer et de réaliser plusieurs courts-métrages sur la mode éthique. Rodrigo Müller a vécu en Europe pour ses études de droit de l’environnement et de cinéma. C’est là-bas qu’il a découvert la mode éthique. Cet ancien mannequin raconte : « Cela m’a permis de comprendre clairement tout ce qu’il se passe dans l’industrie de la mode ».

Photo d’Otavio Conci

11 stylistes et 11 experts de la mode durable interviewés dans 11 pays d’Amérique latine

L’équipe de tournage se résume à une seule personne : Rodrigo Müller. Quelques gouvernements et organisations éthiques et durables soutiennent le réalisateur pour payer les déplacements. « Nous avons un plan de tournage. Mais travailler avec un film documentaire, c’est comme chasser, nous découvrons chaque jour de nouvelles choses partout. Nous devons vraiment attendre la bonne occasion pour voyager et filmer des interviews. Nous avons pour objectif de couvrir onze pays, ceux qui ont les pratiques les plus intéressantes ». Selon Rodrigo Müller, il existerait de nombreux succès de marques éthiques en Amérique latine « travaillant sur les cinq piliers de la durabilité : social, culturel, environnemental, technologique et économique ». Le réalisateur annonce qu’il interviewera des professionnels venant de domaines variés : « Nous interviewons non seulement des personnes qui font la mode, mais aussi des personnes qui pensent la mode, comme des artisans, des journalistes, des professeurs d’université, des historiens, des anthropologues ou même des environnementalistes ».

Photo d’Otavio Conci

« On ne peut pas acheter le bonheur. Mais on peut acheter du local et c’est un peu la même chose »

Pour Rodrigo Müller, la mode peut être « une force pour un bien ». « Nous avons absolument tout pour créer un système de mode plus éthique et durable : nous avons une histoire textile de plus de cinq mille ans, nous avons des artisans, des matières premières, de nombreux types de fibres, des matières organiques, des teintures organiques, des cultures vivantes, de la créativité, de la main-d’œuvre (…) La pluralité et la biodiversité de l’Amérique latine ont une valeur énorme dans le monde à venir ».

Le producteur dénonce la fast fashion : « Je vois les gens acheter des vêtements pour des raisons psychologiques et non pour des raisons rationnelles (…) La mode rapide n’est pas vraiment la mode. C’est essentiellement un modèle commercial qui contient du design et des affaires. Mais la mode, c’est bien plus que cela. La mode, c’est le design, les affaires, la culture, l’art, les matériaux, la technologie, l’industrie, la durabilité. C’est une chose humaine. Les gens devraient vraiment être plus conscients de leurs actes ».

Photo d’Otavio Conci

Il revendique une mode « circulaire et non linéaire ». « Nous avons besoin d’innovation pour résoudre la crise. (…) Les marques doivent jouer leur rôle. Les gouvernements doivent faire leur part du travail. Les médias doivent également jouer leur rôle. Mais ce sont les consommateurs qui peuvent vraiment changer les choses. Les consommateurs ont le pouvoir de la demande ».

« Nous avons absolument tout pour créer un système de mode plus éthique et durable« 

Cependant, Rodrigo Müller a conscience que la slow fashion n’est pas abordable pour tout le monde : « Je crois qu’avec le temps, la technologie et la demande, il y aura plus de marques et ces marques devraient pouvoir baisser un peu les prix ». Il souhaite que chaque personne prenne conscience que « les choses bon marché ont un prix très élevé et que la production de masse de vêtements ne fait aucun bien à l’environnement et aux travailleurs ». Le producteur a choisi son parti : « Cela ne me dérange donc pas du tout de payer le bon prix pour les vêtements que je porte. J’achète à des entreprises locales et éthiques. De cette façon, je sais que mon argent va aux familles. Il y a une phrase que j’aime bien : On ne peut pas acheter le bonheur. Mais on peut acheter du local et c’est un peu la même chose ». 

Photo d’Otavio Conci

Pour son documentaire MODA.DOC, Rodrigo Müller souhaite attirer les gens qui s’intéressent à la mode, à l’artisanat, au mode de vie durable, aux voyages, à la culture, mais avant tout, à toute la planète.

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