samedi 13 août 2022

Aurélia
Di Clemente,
« j’aurais bien aimé que ça arrive avant ! »

L’Australie, terre propice à la découverte. C’est sous l’air chaud et le calme de la terre rouge qu’Aurélia Di Clemente, alors âgée de 27 ans et formatrice pour une marque de cosmétiques, se prend de passion pour le maquillage. "Sublimer les femmes", c’est ce qui l’anime. Quelques années plus tard, elle se lance à son compte. Elle nous détaille les envies et les galères d’une trentenaire auto-entrepreneuse.

En regardant tes maquillages, on constate qu’ils sont très colorés. Ce sont les couleurs vives qui t’attirent le plus ?

Oui, j’adore me lâcher à travers les teintes ! J’ai l’impression que grâce aux couleurs, je peux m’exprimer. C’est tout le contraire lorsque je reste sur du nude… Quand on me donne de la liberté, je maquille comme ça. Je reste dans le milieu de la beauté, de la mode. C’est juste un peu plus coloré, un peu plus artistique.

Maquillage aux couleurs pop.

Photo Sarans Reflections

Tu es maquilleuse depuis combien de temps ?

J’ai commencé il y a quatre ans. La passion du maquillage m’est venue en Australie. À la base, je suis originaire de Paris, j’ai fait des études dans les cosmétiques. Je bossais dans des spas, puis j’ai été embauchée par Lancôme pour faire de la vente et pour l’aspect commercial.

J’ai décidé de partir en Australie où j’ai réintégré Lancôme. Parfois, je maquillais des clientes sur le stand. J’appréciais énormément faire ça : sublimer les femmes, les mettre en valeur. Ma manager l’a remarqué. Il y a un poste de maquilleuse qui s’est libéré sur la région de Perth. C’est comme ça que je me suis lancée dans le makeup. J’avais 27 ans, j’aurais bien aimé que ça arrive avant ! 

Et pour t’inspirer, te former…

Je regardais beaucoup les réseaux sociaux et des vidéos. J’ai aussi fait des formations payées par la boîte ! Mais ensuite, j’ai dû quitter l’Australie car je n’ai pas eu de visa. C’est très compliqué de rester là bas… Je suis partie il y a deux ans et demi. Je n’avais pas envie de retourner en région parisienne, donc je me suis installée à Genève. Il y avait ma sœur en Suisse, j’avais bien aimé cet endroit, surtout les paysages. On prend plus le temps de vivre ici qu’à Paris ! Et en Australie c’était à la cool, donc je voulais retrouver ce côté calme.

Que s’est-il passé à ton arrivée ?

J’ai tenté de retrouver le même job qu’en Australie… mais ça n’a pas marché. Par la suite, j’ai voulu réintégrer une marque en tant que maquilleuse, sauf qu’à Genève, je n’ai pas retrouvé l’aspect artistique. Le boulot que je faisais ne me plaisait pas du tout. J’avais beau avoir un contrat de maquilleuse, je faisais tout sauf du makeup ! On me demandait de faire du commercial. Ça me dérangeait beaucoup… C’est là que je me suis dit qu’il fallait que je me lance à mon compte. Vivre de ma passion : le maquillage. 

Comment tu as fais pour te lancer seule ?

J’ai arrêté de bosser pour la marque à Genève et je suis allée me former à l’école Make Up For Ever, à Paris. Là-bas, j’ai fait une session beauté, mode et défilé. Puis, je me suis mise à mon compte. Pour l’aspect financier, je me suis posé la question pendant un bon moment… Après, j’ai mon mari qui me soutient pour mes débuts, donc c’est cool ! Aujourd’hui, je suis contente d’avoir sauté le pas. Il faut y croire et quand je vois l’évolution de semaine en semaine, je me dis que ça ne peut aller qu’en s’arrangeant ! Ça fait maintenant quatre mois que je suis indépendante. 

Quatre mois, c’est tout nouveau ! Tu t’en sors ?

Psychologiquement, ce n’est pas toujours évident quand on commence… Il y a des gros temps morts. Tu te poses des questions, tu te dis : « Il faut vraiment que je trouve quelque chose ! » Les deux premiers mois ont été assez stressants. Je bossais un peu mais c’était compliqué, j’avais tout mon réseau à constituer. J’ai commencé par faire beaucoup de collaborations pour me créer un petit cercle, rencontrer les gens du milieu. Je vois que ça fonctionne petit à petit car on se recommande les uns les autres. Et puis, on s’apprécie. Depuis le mois dernier, ça va de mieux en mieux. J’espère que ça va continuer comme ça.

Maquillage pour le shooting d’un mariage.

Photo Camille Dar

Justement, comment tu répartis ton travail ?

Je bosse aussi bien avec des particuliers qu’avec des professionnels. Ça se passe plutôt bien car je choisis vers quels types de contrat j’ai envie d’aller. Avec des particuliers, je fais tout ce qui est événementiel, je fais des mariages, des enterrements de vie de jeune fille, je donne des cours de maquillage aussi. Côté professionnel, j’ai intégré une agence basée à Genève qui recrute des artistes, aussi bien en photo qu’en maquillage, ou encore en coiffure. Ils nous placent sur différentes missions que l’on peut accepter ou non. Par exemple, la semaine dernière, j’ai bossé pour un petit court métrage qui était tourné pendant plusieurs jours !

Et dans le futur ?

Pour le moment, je me vois à mon compte. Mais j’aimerais évoluer dans le milieu de la mode. Faire des shootings, maquiller des modèles, des célébrités : ça me fait rêver. 

Photo sélectionnée pour l’une des couvertures d’Imirage Magazine.

Photo Olivier Bain

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